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Agora

02.12.2019

Quatre ans après l’introduction d’intérêts négatifs par la BNS, les caisses ont mis en place des stratégies pour ne pas y perdre trop de plumes. Trois d’entre elles nous livrent leurs recettes.

 

En janvier 2015, la BNS introduisait des intérêt négatifs sur les comptes de virement. Si la mesure visait à atténuer la pression sur le franc, elle a lourdement pesé sur le système de prévoyance. Depuis, les appels à accorder une exception aux avoir de l’AVS, du 2e et du 3e pilier se sont succédés. Sans effet. Dernière en date, une initiative du canton de St-Gall en ce sens a été rejetée par le Conseil des Etats en mai. En arrière-plan de ces débats, quel bilan tirent les caisses de pensions des quatre années passées sous ce régime d’intérêts négatifs, alors même que la pression sur les rendements de leur fortune a rarement été aussi forte?

 

Elles indiquent, non sans grincements de dents, qu’une batterie de mesures ont permis de limiter la casse, notamment au niveau de la gestion de la trésorerie. Mais les intérêts négatifs ont aussi eu leur impact sur les réfleions autour de la stratégie d’investissements. D’ici à ce que la BNS réajuste ses priorités, les institutions de prévoyance continueront de demander sa clémence, non sans déployer un nouveau savoir-faire pour se protéger. 

 

 

Théodore Economou - Président du comité de placements, Fondations de prévoyance Lombard Odier

 

« Les taux agissent sur les rendements des classes d’actifs comme la force de gravité sur les objets. Face à ce défi, nous avons repensé l’allocation du portefeuille et actionné trois leviers dans le but d’augmenter le rendement – à risque égal: (1) profiter de l’horizon à long-terme d’une caisse, (2) déployer la durabilité comme source de performance, et (3) gérer activement le risque. Aujourd’hui, 30% du portefeuille est alloué à des actifs à long-terme, dont près de la moitié dans les actions non-cotées et l’infrastructure. 45% est composé de stratégies actives dans les actions et obligations, intégrant la durabilité comme moteur de performance. Une stratégie multi-actifs “tout terrain” visant 3% de rendement et gérant dynamiquement le risque de perte complète le portefeuille. Ce modèle réconcilie la quête de l’objectif de performance avec une protection active du capital. Ce défi va durer, car la BNS a d’autres priorités que le 2e pilier pour fixer ses taux. »

 

 

Pierre Zumwald - Directeur, Rentes Genevoises

 

« Avec près de CHF 90 mios de rentes versés chaque année et CHF 50 mios de transferts d’avoirs de libre-passage, détenir des liquidités est pour nous une nécessité. Alors que notre stratégie de placement vise le long terme, l’introduction des intérêts négatifs nous a obligés à nous en protéger et à mettre en place une nouvelle approche en matière de gestion de la trésorerie, notamment par le biais de prêts à court terme. Si nous n’avions rien fait, ce ne sont pas loin de CHF 3.7 mios que nous aurions dû payer. Après 4 ans, notre facture se monte à seulement 385’000.-, mais au prix d’un effort important. Au final, c’est l’assuré qui en supporte les conséquences. Cette somme vient en diminution des attributions à leurs avoirs, puisque le 100% des excédents leur est versé. La Confédération a voulu mettre en place un système de prévoyance fort avec les 3 piliers. La vraie question à se poser est: pourquoi le 1er pilier (partiellement), ainsi que le 2e et le 3e doivent-ils s’acquitter d’intérêts négatifs? Au final, c’est l’ensemble du système de prévoyance suisse qui s’affaiblit. Une exonération de tous les acteurs du 1er, 2e et 3e pilier est donc nécessaire! »

 

 

 

Marco Bagutti - Responsable des investissements, Fondation supplétive LPP

« La politique de taux négatifs de la BNS cause d’énormes dommages aux caisses de pensions et, en particulier, à la Fondation supplétive LPP. Dans les faits, c’est bien l’épargne qui est pénalisée. Plus aucun placement sans risque ne peut s’effectuer sans une perte garantie. Dans le cas de la Fondation supplétive, cela affecte 12.5 milliards de francs sur une fortune totale de 17 milliards. Et pourtant, le rôle – inscrit dans la loi – de l’institution est de préserver le capital de ses bénéficiaires. A long terme, elle ne pourra remplir cet objectif dans de telles conditions. Les fortes baisses de taux des derniers mois ont entraîné une appréciation de la valeur de l’ensemble des placements, en particulier celle des actions. Cette embellie est trompeuse pour le citoyen, car elle occulte le problème auquel sont confrontées les caisses de pensions et la Fondation supplétive LPP. Ces (soi-disant) gains ne vont pas durer. Au contraire, la bulle qu’alimentent ces valorisations va éclater, entraînant des pertes considérables. Pour cette raison, et afin d’éviter des pertes encore plus grandes, l’institution s’en tient à une stratégie de placement conservatrice. »

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